À 38 ans et avec ma bipolarité, est-ce que je dois faire le deuil de la maternité?

Trente ans. L’âge de tous les possibles. Projets de carrière, maison, voyage, bébé. Rien ne nous arrête; la vie va à la vitesse grand V et on prend de l’expansion tout naturellement. On pense que rien ne peut nous atteindre; que les histoires tragiques, c’est pour les autres.

C’était mon cas. J’avais bâti une solide carrière d’ergothérapeute en santé mentale et je réalisais une maîtrise en réadaptation. J’étais depuis dix ans dans une relation de couple qui me comblait. Mes amies commençaient à avoir des enfants et je voulais moi aussi vivre cette expérience.

Or, le 19 novembre 2011, ma vie a basculé du tout au tout et je n’ai jamais pu aller au bout de ce désir. En ce jour funeste de novembre, je me suis retrouvée pour la première fois à l’urgence psychiatrique de l’hôpital Saint-Luc. Je manquais affreusement de sommeil, j’avais des idées délirantes que moi seul comprenais et je me sentais paranoïaque. D’après le médecin de garde, je faisais une manie psychotique.